Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 11:42

Notes sur Souancé et Montdoucet

 

 

A huit kimomètres de Nogent le Rotrou, sur les bords de la Rhône, ruisseau dont le nom serait à peu près inconnu, si Rémy Belleau, le poète percheron, ne l’avait chanté dans ses poésies, est construit le village de Souancé. Rien n’y attire les yeux, sinon l’aspect riant de la vallée, la régularité, la propreté des maisons. L’église seule aujourd’hui peut rattacher le passé au présent.

 

(La Rhône prend sa source dans l’étang de La Guoguerie, près d’Authon, et se jette dans l’Huisne à Nogent le Rotrou )

 

Auprès du village, suivant la tradition, s’élevait un château. Aucune ruine ne subsiste, aucun acte ne permet d’en assurer l’existence, en dehors du nom de « champ du château » que porte l’endroit ou il était dit-on construit

 

Cette tradition de l’existence d’un château à Souancé s’est cependant maintenue. Ainsi dans un aveu rendu au duché de Chartres, le 5 novembre 1603, il y est dit : la châtellenie de Souancé, consiste en châtel joignant l’église, qui est une place tenue par plusieurs particuliers et qui en font quinze sols et deux chapons de rente seigneuriale (Mss. de la bibliothèque de Chartres, n+ 1449)

 

Toutefois, en reconnaissant l’exactitude de ce fait, d’autant plus vraisemblable que la seigneurie et baronnie de Montdoucet relevait de la grosse tour de Chartres, tandis que Montdoucet, demeure des seigneurs de Souancé dès le XIIIe siècle, relevait du comté de Nogent le Rotrou, le château fut entièrement rasé, sans doute, pendant les guerres qu’eurent à soutenir les premiers comtes du Perche. Il ne fut pas relevé de ses ruines, et dès lors le château de Montdoucet prit ne importance qu’il n’avait pas eue jusque là, en confondant son histoire avec celle de la paroisse

 

 Seigneurs de Montdoucet et Souancé

 

Aucun acte antérieur à la fin du XIe siècle ne fait mention des seigneurs de Montdoucet. Le premier connu est Aldric de Montdoucet, vivant vers 1080, dont le fils Robert donna vers 1100 aux moines de l’abbaye de Saint Denis de Nogent le Rotrou, la terre de Tueboeuf ou Tuebonne (Cartulaire de Saint Denis, ch.56). 

Aldric II de Montdoucet fut témoin de la charte de confirmation du don du domaine d’Happonvilliers fait par Geoffroy de Sombon en 1107 (Cartulaire de Saint Denis, ch. 88) à cette même abbaye, et dans celle de la vente de six arpents de pré, au pré Morin, faite aux moines de Tiron, par Giroie de La Ferrière vers 1128 (Cartulaire de Tiron, ch. 95)

 

Guiard ou Viard de Montdoucet assista comme témoin à la confirmation par Rotrou, comte du Perche, de tous les biens de l’abbaye d’Arcisses, vers 1120 (Cartulaire de Tiron, ch. 33), au don fait par l’abbaye de Tiron à Robert de Beaumont, de la terre concédée par Etienne Gigul, vers 1125 (Cartulaire de Tiron, ch. 62), au don fait la même année par Guillaume du Plessis de ce qu’il possédait en fief de Choudri et à Auvilliers, vers 1140, Cartulaire de Tiron, ch. 238), à l’accord passé entre cette abbaye et le vicomte de Châteaudun en 1145 (Cartulaire de Tiron, ch. 269). La même année, les moines de Tiron reconnurent dix deniers de cens à prendre le jour de la fête de la Saint Jean, par Guiart de Montdoucet, sur une vigne située au Val Saint Jean, à Châteaudun ‘ Cartulaire de Tiron, ch. 277). Ce même seigneur de Montdoucet et son fils Philippe furent témoins, lorsque Rotrou, seigneur de Nogent confirma en 1160 les privilèges de Nogent le Rotrou (Cartulaire de Saint Denis, ch. 12)

 

Philippe de Montdoucet assista à la fondation de la Maison Dieu de Nogent le Rotrou, par Rotrou en 1182, et, voulant s’associer à la bonne œuvre de son suzerain, il donna en sa présence, par acte du premier janvier 1182,pour fonder la Maison Dieu et pour le salut de son âme, la censive qu’Aubin de Fontaine tenait de lui au tertre de Croisille, joignant l’Aunay, savoir douze deniers de cens, plus les censives que tenait de lui audit Aubin, pour quatre deniers dans les prés de Viennes, ensuite le Bourg Neuf, joignant les prés de Buthon proche le pré de Guillaume Louvé(Archives de l’Hôtel Dieu de Nogent le Rotrou). Il est cité comme témoin dans la charte de confirmation du don d’une charretée de bois dans la forêt de Brimont en 1202 (Cartulaire de Tiron, ch. 342), et assista avec son frère Yves à l’accord conclu le 3 mai 1208 entre le maire de Gardais et l’abbaye de Tiron pour les droits de mairie du bourg de Tiron (Cartulaire de Tiron, ch. 350)

 

Guy de Montdoucet, fils de Yves, assista à la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, suivant le ban publié à l’occasion de cette bataille (Essais historiques sur le Perche, par M Gouverneur, page 110). Le 17 juin 1218, il fut présent à la dédicace de l’église des Clairets et donna à cette occasion à l’abbaye la portion de la dîme qu’il avait avec Pierre de Beaurpaire. Geoffroy et Yves, sans doute les deux frères, abandonnèrent à l’abbaye, le premier, dix sols, et le second un setier de blé sur la métairi du Pin (Cartulaire des Clairets, ch. 14). 

 

En décembre 1236, Guy de Montdoucet confirma une donation faite aux Templiers par son oncle Philippe de Montdoucet (Archives Natioanles, 500 a, n°68). A cette charte est appendu un sceau rond de 48 mm, représentant un écu fascé de six pièces chargées les unes et les autres e croix fleuronnées avec la légende : S ;GUID …CET. Le sceau est en cire verte (Collection des sceaux de Douet d’Arcq, n° 2895)

 

Gaschon de Montdoucet, chevalier, approuva en 1243 l’accord conclu par son frère Robin avec le prieur de Saint Romain de Brou (B.N., mas, 5417, folio 121)

 

Guillaume de Montdoucet confirma en 1250 aux moines de Tiron la possession de deux setiers de froment à prendre à l’époque de la moissonsur la métairie de Gilebert (Cartulaire de Tiron, ch. 277)

 

Vers 1350, Simon de Montdoucet épousa une fille de la maison de Cholet, et en eut un fils Robert, comme le prouve un extrait du testament de Yves Cholet, seigneur de la Choltière, daté du lundi après la Toussaint 1364 : « Item Legomeum pourpentum royé de soie Simoni de Montdedulceti ». A la suite du testament est un codicile, d’ou est extrait : « Et vueil que la terre que feu messire Hue Chollet donna à ma suer, elle tienne, quar il la li donna en mariage ….Présens à ce, Symonnet de Montdoucet et Robinet de Montdoucet, frère et neveu dudit seigneur …. ». (Archives d’Eure et Loir, fonds de la seigneurie de Dangeau, (original en parchemin) et Dangeau  et ses seigneurs, par M de Possesse, page 143. 

Au commencementdu XIVe siècle, Alix de Montdoucet fut abbesse de l’abbaye des Clairets

Cette demoiselle Cholet, sœur du seigneur de la Choletière, était fille de Simon Cholet, seigneurde la Choletière, et d’Alix de Garancières

 

Robert de Montdoucet dit le Borgne, fils de Simon de Montdoucet, servit en Normandie avec onze écuyers, au mois d’avril 1377, sous le gouvernement du duc de Bourgogne. Il était écuyer de corps en 1386 et 1388. Le roi lui fit quelques gratifications en 1391, 1392 et 1395 et l’institua son premier écuyer du corps et maître de son écurie, par lettres du 27 août 1397. Il en prêta serment, le 31 août suivant. Le roi lui fit payer plusieurs sommes, pour employer aux obsèques, qui furent faictes en l’église Notre Dame de Paris, pour le comte d’Eu, connétable de France, les sires de Coucy et de la Trémoille, le 16 octobre 1697 ; pour celles de Henri de Bar , en ma même église, le 24 octobre suivant et pour celles de Guillaume des Bordes, garde de l’oriflamme, en l’église des Célestins, le 12 novembre 1697, lesquels étaient morts à la journée de Nicopolis en Hongrie, suivant le compte de Michel du Sablon. Il exerça cet emploi jusqu’à sa mort, arrivée le 16 septembre 1390. Il épousa Jeanne, dame de Villebon, de la Gastine et de Beauville (Histoires généalogiques des grands écuyers de France, par le Père Anselme, tomme VIII, page 469)

 

De cette union naquit seulement une fille, Michelle, dame de Montdoucet et de Souancé, de Villebon, de la Gastine, mariée à Jeannet d’Estouteville, neuvième fils de Jean d’Estouteville, seigneur de Torcy, et de Jeanne de Fiennes.

 

Avant de parler des nouveaux seigneurs de Montdoucet et de Souancé, il reste à décrire les armes de cette première famille. D’après le sceau appendu à la charte de 1236, ces armories étaient : fasce de six pièces chargées les unes et les autres de croix fleuronnées

 

Il est facile de les compléter avec celles enregistrées en 1666, dans la recherche de noblesse et attribuées à François de Montdoucet, sieur de La Roche à Ceton : d’argent à 3 fasces de gueules à 10 croisettes de l’un en l’autre, 3, 3, 3, 3, 3, 3 et 1(Recherche de la noblesse de l’élection de l’élection de Mortagne, faite par Bernard de Marle, intendant)

 

Jeannet d’Estouteville, seigneur de Mesnil Simon, devint par la suite de son mariage, seigneur de La Gastine, baron de Souancé et de Montdoucet. Il fut premier écuyer du corps du duc de Guyenne, dauphin de Viennois, valet tranchant du roi et capitaine de Caudebec. Il fut envoyé par le roi à Bordeaux, pour la délivrance de Roger de Beaufort, frère du pape. Son sceau, d’après la description qu’en a faite La Chesnaye Desbois, était presque identique à celui d’Estout d’Estouteville, seigneur de Torcy, donné ici, suivant l’inventaire des sceaux de la Normandie, par M Demay : Sceau rond de 27 mm représentant un écu burelé au lion avec la légende : + S ESTOUT DESTOUTEVIL ….(Inventaire des sceaux de Normandie, n° 238)

Jeannet fut nommé capitaine et garde du château de Vernon.

 

 

Les trois branches principales sont les suivantes :

 

1.Celle qui resta dans le Perche, représentées en 1300, par Bertrand de Montdoucet, seigneur du Boullay, qui eut un procès avec Mathry Le Court pour une terre aux Etilleux ( Archives d’Eure et Loir, B, 2089)

 

A l ’époque de la recherche de la noblesse, en 1666, François de Montdoucet, écuyer, seigneur de La Roche, demeurant à Ceton, fut maintenu et produisit, avec preuves à l’appui , la liste suivante de ses ascendants (B N, Dossiers bleus, v. 458, n° 12341. )

 

1- Jean de Montdoucet, vers 1480, dont :

2- Hugues de Montdoucet épouse Marie de Boisguyon, vers 1510, dont

3- Sébastien de Montdoucet épouse Marie du Rousseau, vers 1540, dont

4- Bertrand de Montdoucet épouse Marie du Plessis, vers 1570, dont

5- Pierre de Montdoucet épouse Mathurine Le Comte, vers 1600, dont

6- Troilius de Mondoucet épouse Madeleine de Blocquet, vers 1630, dont

7- François de Montdoucet, écuyer, seigneur de La Roche, produisant en 166

 

II Celle qui s’établit en Beauce, représentée par :

 

Macé de Montdoucet, écuyer, seigneur du Buisson, marié à Marie d’Illiers qui passa un bail le 23 janvier 1487, (Mémoire de Laisné, prieur de Mondonville, tome Iv )

 

Jean de Montdoucet, sieur de Lessart, qui, le 11 mars 1502, donna une décharge à Louis de Boisguyon, pour une somme de 4500 livres 

(B N, Nouveau d’Hozier, v. 970, f. 19)

 

Louis de Montdoucet, secrétaire de l’abbaye de Tiron en 1570,

 (Archives d’Euer et Loir, E, 4130)

 

Bertrand de Montdoucet, seigneur de la Salle Lolon, à qui fut rendu un aveu en 1611 pour les terres de la fabrique de Notre Dame de Bonneval, 

(Archives d’Eure et Loir, G, 5802)

 

Maximilien de Montdoucet, seigneur du Chastellier, qui acheta en 1614, à Lancelot de Barat, seigneur de Brunelles, le fief et la seigneurie du Grand Mesnil à Frazé avec l’étang de Brière, moyennant 1230 livres et un cheval sellé et bridé estimé à 300 livres(Archives d’Eure et Loir, B, 2563. D’autres membres de cette branche établie en Beauce, sont cités dans différents ouvrages, entr ’autres les Mémoires du prieur de Mondonville ; on n’a donné ici que les principux pour en prouver l’existence )

 

 

III-Celle qui alla se fixer en Bretagne,

puis eux environs de Blois, et dont la généalogie mérite d’être rapportée, (cette généalogie est extraite à peu près de la B N , Cabinet d’Hozier, v. 244)

 

I-Georges de Montdoucet, écuyer, seigneur de La Cheminée, épousa Marguerite de Voiré ou Voré, dont

 

1-Blanche, épousa par contrat du 2 août 1479, Pierre l’Ecuyer, fils de noble Jean l’Ecuyer, seigneur du Mesnil Bernard

 

2-Gillette, religieuse à l’abbaye de Saint Avit, à qui son père constitua une dot en 1480, (Archives d’Eure et Loir, E, 2752)

 

3-Jean, qui suit

 

II-Jean de Montdoucet

écuyer, seigneur de Monteaux, mort le 3 août 1498, d’un coup de lance à un tournois fait par le roi Louis XI, enterré près du grand portail de l’église des Cordeliers de Blois, ou était son épitaphe, épouse Jeanne Cottereau, fille de Pierre Cottereau et de Catherine Pasquier, dont

1-Jean Pierre, qui suit ;

 

III- Jean Pierre de Montdoucet ,

 écuyer, conseiller du roi au Parlement de Rennes, seigneur de Lesbat et de Monteaux, mort avant 1564, épouse Anne Miron, dont

1-Robert, qui suit

2-Claude de Montdoucet, seigneur de la Cheminée et de Monteaux, chambellan ordinaire du duc d’Alençon, trésorier général des ducs d’Orléans et d’Anjou, ambassadeur pour le roi Charles IX dans les Pays Bas, né en 1534, épouse Hélène Godard ou Gaudart (de Lyon), dont : (Pour les détails concernant Claude de Montdoucet, qui illustra cette famille, voir : Lettres et négociations de Claude de Montdoucet, résidant de France aux Pays Bas (1571 – 1574) publiée par d’après le manuscrit de la Bibliothèque de Reims, par M Didier, 2 volumes 1890-1892)

 

A-Claude, épouse par contrat du 3 janvier 1605, Charles de Crévecoeur, chevalier, seigneur de Vienne, fils de Jacques de Crévecoeur, seigneur de Vienne et de Françoise de Blondeaux (B N , Carrés d’Hozier, v 445, pages 227 et 229

 

B-Louise, épouse de : 1° par contrat du 28 janvier 1612, Jacques Le Clerc de Fleurigny, chevalier, seigneur baron de la Forêt ; 2° avant 1624, Robert de Bonneval, seigneur de Jouy sur Morain en Brie (Père Anselme, tome VI, page 392)

 

3-Isabeau de Montdoucet, épouse de N de La Fosse, intendant général des vivres et munitions de guerre

 

3-Marguerite de Montdoucet, épouse de N de Molan, seigneur de Saint Ouin

 

IV - Robert de Montdoucet

seigneur de Lesbat et de Monteaux, conseiller au grand conseil et président au siège présidial de Blois et maître des requêtes ordinaire de la reine, mort avant le 7 juin 1575, date ou sa femme avait la garde noble de ses enfants. On sait, par un brevet du roi du 22 avril 1573, qu’il fut assassiné en Guyenne, ou le roi l’avait envoyé pour l’exécution de l’édit de pacification. Il épousa Claude Odeau, fille de Elie Odeau, contrôleur de la maison du roi, dont

 

1-Jean, qui suit ;

2-Jacques, écuyer, seigneur de Chastellux, épouse Marie de Cosne

3-Catherine, épouse Claude Forget, sieur de La Quantinière, fils de Gaucher Forget et de Marie Le Clerc

4-Claude, épouse par contrat du 29 octobre 1585, Martin de Houdan, écuyer, sieur des Landes, fils de Pierre de Houdan, écuyer, sieur des Landes et de Claude de Montgiraut (B N, Carrés d’Hozier, v, 445, page 226)

5-Rose, épouse André Chartier, écuyer, sieur du Vivier

6-Catherine, religieuse à Fontevrault

 

V – Jean de Montdoucet

écuyer, seigneur de Charlais, un des cent gentilshommes de la maison du roi, suivant un certificat du 10 juillet 1593, épouse par contrat Françoise Forget, fille de Gaucher Forget, écuyer, sieur de La Quantinière, et de Françoise Estienne, veuve en 1635, dont :

1-Louis, qui suit ;

2-Jean, mort devant La Rochelle ;

3-Sylvie, épouse Antoine Le Viandier ;

4-Isabelle ;

5-Anthoinette, morte jeune

 

VI – Lois de Montdoucet

baptisé à Saint Florentin d’Amboise, le 2 septembre 1599, aide de campes des armées du roi et capitaine d’une compagnie au régiment de Picardie en 1635, maintenu dans sa noblesse par jugement de M d’Estampes, donné à Angers le 3 mai 1635, épouse Marguerite Trouvé, dont :

Gaspard de Montdoucet

 

Enfin, pour terminer cette étude sur la famille de Montdoucet, il reste à donner la liste des gouverneurs du château de Blois de 1468 à 1599, issus sans doute de cette dernière branche, et connus par les reçus qu’ils donnèrent au receveur du comté de Blois. (B N, Pièces originales, v 1994, n° 45727)

 

1-Jehan de Montdoucet, écuyer, valet de chambre du duc d’Orléans, le 1er janvier 1468 et le 23 mai 1496

2-Odin de Montdoucet, valet de chambre du roi, le 3 décembre 1512, et concierge du château de Blois le 2 octobre 1514 et le 17 juillet 1515

3-Antoine de Montdoucet , concierge et garde du château de Blois le 1er octobre 1530

4-Claude de Montdoucet, trésorier général des maisons des frères du roi le 7 mars 1560, le 20 mars 1567 et en 1568

Claude de Montdoucet, seigneur de Monteaux, conseiller chambellan ordinaire des affaires, et conseiller de Monsieur, le 2 février 1580, le 27 mars 1582, en 1591, et 1599, et qui donna le 4 octobre 1581 un reçu timbré d’un cachet à ses armes surmontées d’un casque avec lambrequins

 

 

Par provincehistorique.over-blog.com - Publié dans : Histoire du 28
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 11:40

 

Les Seigneurs du Perche-Gouët

Nous ne nous intéresserons là qu'à la baronnie d'Authon, dès lors qu'elle sera séparée des autres.

·          Guillaume Gouët Ier dit le Vieux (1005-1060)

Guillaume est né à Château-du-Loir. Il est le fils de Haimon de Château-du-Loir et de Hildeburge de Bellême, les seigneurs de Château-du-Loir. Cette relation est désormais certaines en étudiant les différentes transmission de fiefs. Ainsi on sait que Guillaume Gouet II a été officiellement reconnu seigneur de Château-du-Loir, titre qu'il héritait ainsi de son grand-père.
Au début du XIe siècle, le Perche-Gouët (Montmirail, Authon et La Bazoche) est une zone de troubles importants. Il constitue une marche, c'est à dire une zone frontalière, entre la Beauce et le Maine. D'une part, les habitants de la région sont plus agités. Les chemins de la forêt de Montmirail sont de vrais coupe-gorges. Il faut absolument rétablir la tranquillité dans cette région. D'autre part, à cette époque la Maison d'Anjou qui détient le comté du Maine cherche à étendre son emprise sur la Beauce. Les raids se multiplient contre les villes beauceronnes. Le comte de Chartres, également comte de Blois, Thibault III décide de verrouiller cette frontière en y installant des forteresses qui défendront la Beauce sur son flanc ouest. Son prédécesseur avait fait de même au IXe siècle en envoyant Rotroldus à Nogent pour protéger Chartres des assauts des Normands.
Pourquoi avoir fait appel à Guillaume ? La question est encore sans réponse. Cependant, vers 1050, Guillaume devient le vassal du comte de Chartres pour les seigneuries de Montmirail, Authon et La Bazoche. A la même époque, et ce n'est peut-être pas une coïncidence, Guillaume épousa Mahaut d'Alluyes.
Elle est née vers 1040 et est la fille de Gauthier d'Alluyes, puissant seigneurs dont la famille était en place depuis au moins 945. Elle apporta à Guillaume les baronnies de Brou et Alluyes. Le Perche-Gouët est formé.
De cette union naquirent trois enfants : Hildeburge, née vers 1055 et qui épousa le seigneur de Fréteval, un autre vassal des comtes de Blois ; Guillaume, le successeur ; et une deuxième fille Richilde.
On suppose que c'est Guillaume Ier qui fit construire le château de Montmirail. Il protégeait ainsi le flanc ouest des terres de l'évêque de Chartres dont il devait assurer la sauvegarde.
Guillaume mourut vers 1060. Mahaut épousa alors le comte du Maine, Geoffroy III de Mayenne, dont elle eut deux trois nouveaux enfants. Elle mourut en 1079

·          Guillaume II (1055-1120)

Guillaume dut attendre sa majorité pour jouir de ses terres administrées par sa mère et son beau-père.
En 1071, il épouse Eustachie Crespon. Il en aura quatre enfants. L'un d'eux est Hugues, seigneur de Braitel. C'est lui qui donnera l'église de Lazelle aux moines de Marmoutier, qui la renommèrent au passage Chapelle-Guillaume du nom de Guillaume II.
En 1079, Guillaume prit part à une guerre entre les Giroie et les Talvas. Les Talvas étaient les seigneurs de Bellême. L'un d'eux Guillaume, avait fait mains basse sur les terres de son voisin Ernaud Giroie, seigneur d'Échauffour. A de nombreuses reprises le dépossédé tenta queues excursions contre la seigneurie de Bellême , pour récupérer ses fiefs. Il emportait quelques allié avec lui comme Giroie de Courville, son cousin, et d'autres seigneurs du Perche. parmi eux, il y eut cet année là Guillaume II. Les fiefs étaient échus entre temps à Mabille. Elle reste à jamais la pire femme que l'on puisse connaître. Elle qui n'aimait pas les religieux passait son temps à les torturer et à piller leurs terres, malgré les remarques de son époux Robert de Montgomery. Elle s'acharnait sur les moines des Ouches, dont le bienfaiteur était Giroie. Elle commit bien d'autres forfaits : empoissonnement, trahison, assassinats, sorcellerie... Son fils sera même nommé Robert II le Diable de Bellême. En 1079, afin de lutter contre l'expédition lancée contre elle, avec la complicité d'un chambellan de Giroie de Coruville, nommé Goulafre, elle administra un poison aux trois chevaliers. Guillaume et Giroie s'en sortirent. Le seigneur d'Échauffour n'a pas eu cette chance.
En 1096, Guillaume II prit par à la première croisade aux cotés du jeune Rotrou III, futur comte du Perche. Il était du siège de Jérusalem
Guillaume II est à l'origine du resserrement des Gouët autour de l'Ozanne. C'est lui qui est à l'origine de l'aménagement de Brou. Il y fit construire un château et fortifia la ville. Des murailles furent élevées, et deux portes crées. des tours et des fossés protégeaient la capitale du Perche-Gouët. A cette époque Brou se développa énormément.
Il mourut vers 1120 laissant ses fiefs à l'un de ses fils.

·          Guillaume III (1095-1140)

Il est né en 1095.
Il épousa en Mabille-Richilde d'Angleterre, fille bâtarde de Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre, fils de Guillaume le Conquérant. Sa mère était Sybilla Corbet, une des maîtresse reconnue du roi. Henri Ier est aussi connu pour avoir le plus grand nombre de bâtard que n'ai eu un roi d'Angleterre. On lui en dénombre trente-cinq reconnus.
Mabille était aussi la sœur de Mathilde, au autre fille illégitime de Henri Ier. Mathilde se mariât avec Rotrou III, comte du Perche. Les deux familles ennemies de toujours se trouvaient donc liées. Ceci étendait aussi considérablement l'influence du Duc de Normandie sur le Perche. Mathilde périt le 20 novembre 1120, lors du naufrage de la Blanche-Nef. Dans ce drame sont morts 143 personnes dont 120 chevaliers de haut-rang venus fêter la réconciliation de la France et de l'Angleterre. L'héritier du trône d'Angleterre, Guillaume-Adelin, seul fils légitime de Henri Ier, mourut aussi. le trône fut donc usurpé faute d'héritier, par un neveu de Henri Ier qui sema le Chaos dans l'Angleterre.
La parenté que Guillaume III avait avec Rotrou III ne l'empêcha pas d'harceler sans cesse son beau-frère. Ainsi, alors que Rotrou III prenait part à la Reconquista, la reconquête de l'Espagne sur les Sarrazins, aux côtés d'Alphonse le Batailleur, roi d'Aragon. Gouët profita de l'absence de Rotrou pour tenter de s'accaparer le Perche. Grâce au retour in extremis de Rotrou, Nogent, bourg non fortifié, fut sauvé. Rotrou fit alors construire une forteresse à Pontgouin pour se protéger des coups fourbes de Gouët et du seigneur de Courville. Les deux familles étaient souvent ensembles pour les mauvais coups. Après une courte guerre la coalition fut écrasée et Yves de Courville emprisonné. Les Gouët et les Rotrou se réconcilièrent.
Il prirent d'ailleurs part ensemble à la Guerre opposant Louis VI le Gros, roi de France, à Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre, et beau-père de Rotrou III et Guillaume III. Pendant cette guerre, Rotrou fut fait prisonnier par Foulques d'Anjou. Profitant que son beau-frère croupissait dans les geôles du Mans, Guillaume reprit ses exactions contre les terres du comté du Perche. Là encore, Rotrou fut libéré à temps. Il prit les armes et chassa Gouët de ses terres.Cette relation chaotique, ponctuée de guerre et de réconciliation dura jusqu'en 1136. A cette époque, les deux frères ennemis s'allièrent de nouveau au service des moines de Thiron.
En 1120, Guillaume avait fait don au moines de l'abbaye Saint-Denis, de Nogent, de l'église de Unverre. En 1123, il donna l'église des Châtaigniers aux moines de Thiron. En 1096, il avait déjà donné l'église de Châteaudun, qu'il tenait en fief, aux moines de l'abbaye de Saint-Père-en-Vallée, près de Chartres.
En 1117, c’est aussi lui qui fonda le prieuré Saint-Gilles des Châtaigniers.
Guillaume est mort en 1140. Il reposerait paraît-il au prieuré qu’il avait créé.

·          Guillaume IV (1125-1171)

Il est né en 1125 à Alluyes. Il épousa Élisabeth de Champagne, veuve du comte de Pouille et fille de Thibault IV le Grand, comte de Blois. Guillaume le Conquérant était grand-père maternel de Thibault de Blois, et aussi de Mabille, la mère de Guillaume IV. Mais Guillaume est aussi le beau-frère du roi de France, Louis VII qui a épousé Alix de Champagne, une des filles de Thibault IV.
A cette époque un conflit oppose le roi de France au roi d'Angleterre. En effet, en tant que Duc de Normandie, Geoffroy V le Bel est un vassal du roi de France. Mais il est en parallèle roi d'Angleterre. Cette puissance fait qu'il refuse de prêter allégeance au roi de France, Louis VII le Jeune. Ceci engendre une guerre franco-anglaise. Le conflit est continué par Henri II Plantagenêt, héritier de Geoffroy V. La brouille est accentuée par le fait que Henri II épouse Aliénor d'Aquitaine, dont l'union avec le roi de France a été annulée deux mois auparavant. Elle apporte en plus à la couronne d'Angleterre, l'Aquitaine et de nombreuses terres dans le midi. Dans ce conflit, Guillaume IV prend le parti de Louis VII le Jeune. En 1156, la situation se normalise mais la guerre n'est que larvée. Henri II a prêter serment devant le roi de France.
Les ennuis ressurgiront avec l'affaire Becket. En 1164, Henri II et Thomas Becket, archevêque de Canterbury et donc plus haute autorité du clergé anglais, s'affrontent a propos d'une réforme de l'église en Angleterre. Becket s'exile à Pontigny en Bourgogne où Louis VII, malgré les protestations de Henri II, lui réserve un accueil royal. Becket se mettra ensuite sous la protection du Pape établi à Sens. Il y eu plusieurs tentatives de réconciliations. une première eu lie à Nogent, en 1166. Puis, la situation se débloque en 1169. A la demande de Louis VII, Guillaume IV accepte d'accueillir dans son château les principaux belligérants. On retrouve Thomas Becket, Henri II et Louis VII. C'est là que les deux fils de Henri II, successeurs désignés, prêtent serment au roi de France. Ce sont Henri le Jeune et Richard, futur Richard Cœur de Lion. Le Perche-Gouët accueille donc tous les personnages les plus éminents des couronnes de France et d'Angleterre. Mais là réconciliation de Henri II et de Thomas Becket n'est que d'apparence. en 1170, Henri II le fera assassiner dans l'abbaye de Canterbury. Le prélat a été cananisé depuis et est devenu Saint-Thomas-Becket.
En 1170, Guillaume prit part aux guerres qui avaient lieu en Terre Sainte. Il est mort en 1171 en Palestine. Il ne laissait que deux filles, Mathilde et Agnès. Hélas, le Perche-Gouët tombait en quenouille.
Élisabeth se retira à l'abbaye de Fontevraud en 1180 pour y mourir.

·          Mathilde de Montmirail (1153-1200)

Elle est née en 1153. C’était elle l’héritière désignée de son père. Elle épousa Hervé III de Donzy, le seigneur de Dangeau, lui apportant Alluyes en dot.
Malheureusement, Thibault V de Blois, dit Thibault le Bon, revendiquait lui aussi les terres. En effet, à l’époque féodale, il était rare que ce soit des filles qui hérite. En théorie, les terres devaient alors revenir au seigneur féodal supérieur, le suzerain. En l’espèce, il s’agissait des comtes de Blois qui avait créés le fief pour les Gouët. En 1171, lors de la succession, il y avait donc un conflit d’intérêt.
Voyant qu’il ne pourrait pas gagner une guerre contre les comtes de Blois, Hervé III décida d’en appeler à un seigneur supérieur pour qu’il arbitre la situation. Il fut choisi le duc de Normandie et roi d’Angleterre, Richard Cœur de Lion. Il lui abandonna donc les seigneuries afin que l’arbitre les rendent à qui de droit. Elles firent retour à Hervé III. Le roi avait tranché.
Un autre conflit du même type oppose Hervé III au comte de Tonnerre, Guy Ier. En 1170, Geoffroy IV, son père,  vient de s’emparer par les armes de Gien et de Cosnes-sur-Loire qui appartenait au comte de Tonnerre. Aussi, Guy Ier en appelle au roi de France Louis VII. Celui-ci restituera Gien à Hervé III de Donzy. En représailles, Guy Ier de Tonnerre fera raser le château de Donzy, demeure historique de la famille.
Au décès de Hervé III en 1187, ses fiefs son partagés. Authon, La Bazoche et Montmirail arrivent dans les mains de son fils Renaud.
De cette union était né Guillaume V Gouët. C’était l’aîné de la fratrie. On sait très peu de chose sur lui. Il serait mort en croisade à Saint-Jean-d’Acre. S’il n’a pas été seigneur du Perche-Gouët c’est qu’il a apparemment reçu des fiefs plus importants de par son père notamment en Bourgogne. Il y dirigeait selon toute vraisemblance une commanderie de templiers à Villemoison dans la Nièvre.

·          Renaud de Montmirail (1175-1205)

Il est né vers 1175. Dès qu’il obtint les baronnies de son père, il prit le titre de Montmirail.
Renaud a pris part à la troisième croisade aux cotés d’autres seigneurs du Perche comme Rotrou IV, seigneur de Nogent, ou encore Gauthier de Longny
Plus tard, alors qu’il assistait à un tournoi de chevalerie à Asfeld (Ardennes) le 28 novembre 1199, il rencontre le prédicateur Geoffroy de Villehardouin. Celui-ci est un envoyer du Pape Innocent III qui prépare la quatrième croisade. Renaud, comme quelques jeunes seigneurs s’engageât donc comme croisé. Il ne partit qu’en 1202. Grâce à l’appui du comte de Blois, il obtint de se faire envoyer en messager en Syrie à bord d’un navire de guerre pour préparer l’arrivée des croisés.
Stationné en Syrie, il attendait les croisés arrivant par la terre. Ne les voyant pas venir, Renaud, accompagné d’Étienne du Perche, fils de Rotrou IV, prît le commandement d’une armée pour rejoindre les Dardanelles et y rencontrer l’expédition. Celle-ci, afin d’enrichir son butin, avait en effet détourné son chemin pour accompli le sac de Constantinople. Ils pillèrent la ville. C’était en 1204. A l’arrivée de Renaud, les croisés venaient de prendre Nicomie (aujourd’hui Izmit, Turquie) et devaient combattre Théodore Ier Lascaris l’empereur de Nicée. Le renfort de Syrie permit la victoire, le 4 décembre 1204.
En 1205, durant le siège d’Andrinople, la nourriture vint à manquer. En la semaine de Pâques il n’y a avait plus du tout de fourrage ni de viande. Une expédition fut montée par le comte de Blois. Y prirent part Etienne du Perche et son frère Geoffroy, comte du Perche, ainsi que Renaud de Montmirail. Une poignée de chevaliers les suivit. Ils menèrent l’assaut contre une place forte grecque espérant y trouver de quoi se nourrir. Mais l’attaque ne porta pas ses fruits. Vaincue, l’expédition revint bredouille.
Le siège d’Andrinople est un désastre et malgré les renforts envoyés par le roi de Valachie (Bulgarie) de nombreux chevaliers perdent la vie devant les portes de la ville. Tout comme son ami Etienne du Perche, Renaud est mort en 1205 à Andrinople.
Même s’il était marié avec Alix de Beaujeu, fille d’un connétable de France. Il n’en a pas eu d’héritier.

·          Hervé IV de Donzy (1173-1222)

Il est né en 1173.
La querelle entre sa famille et les comtes de Tonnerre n’était pas éteinte. Ainsi en 1199, une guerre éclata entre Hervé IV et Pierre II de Courtenay, héritier des comtés d’Auxerre, de Nevers et de Tonnerre. Hervé l’emporta et Pierre II fut fait prisonnier. L’héritier du Perche-Gouët dicta ses exigences. Pour que Pierre II fut libéré, il fallait que lui soit cédé le comté de Nevers, et qu’on lui accorde le mariage avec la fille de Pierre II, Mahaut de Courtenay. Le roi de France, Philippe-Auguste, ratifia les conditions en octobre 1199 et Hervé devint comte de Nevers. Dès lors, il se fit régulièrement appeler Hervé de Nevers, pour mieux exhiber sa victoire. Le mariage fut célébré en même temps. De ce mariage atypique naquirent deux enfants : Guillaume et Agnès. Le mariage sera annulé en 1213 par l’abbé de Vézelay pour cause de parenté.
En 1204, Hervé s’engagea au coté de Philippe-Auguste dans sa reconquête de la Normandie, du Maine, de l’Anjou, du Poitou, de la Touraine, de la Bretagne et de l’Aquitaine. Il participa au dépouillement de Jean-Sans-Terre, roi d’Angleterre, de ses fiefs en France.
En 1208, Hervé IV essuya la colère du pape Innocent III car il accueillait sur ses terres les juifs que Philippe-Auguste s’employait à chasser.
En 1214, lors de la bataille de Bouvines, Hervé trahît le roi Philippe-Auguste et prit le parti des Anglais. Parallèlement, son beau-père, Pierre II, soutient le duc de Bourgogne et les Français. Philippe-Auguste fut le vainqueur.
En 1218, Hervé prit par à la cinquième croisade. Cependant, il ne la finît cependant pas. Apprenant le décès de son beau-père en 1219, il est revenu pour faire valoir ses droits sur les comtés d’Auxerre et de Tonnerre. Le Tonnerre lui revint facilement. S’agissant de l’Auxerre, il dut affronter un fils de Pierre II, à savoir Philippe de Namur, et à un frère de Pierre II, Robert de Courtenay. Sur les conseils de sa fille Agnès, Hervé IV porta le conflit devant le Pape pour qu’il rende un arbitrage. En 1220, Honorius III remit le comté d’Auxerre à Hervé.
On ne sait si c’est dû au nombreuses inimités de Hervé IV, mais celui-ci mourut empoisonné dans son château de Saint-Aignan (Cher) le 21 janvier 1222. Il repose dans l’abbaye cistercienne de Pontigny. C’est sa fille Agnès qui hérita du Perche-Gouët.
En 1226, Mahaut de Courtenay se remaria avec Guy IV de Forez dont elle fut veuve le 29 octobre 1241. Celui-ci était sur le chemin du retour de croisade, il succomba a la maladie à Castellaneta en Italie. Mahaut se retira ensuite à l’abbaye de Fontevrault (49) où elle mourut le 12 décembre 1256 et y fut inhumée.

·          Agnès de Donzy (1202-1225)

Agnès est née en 1202, c’était la fille aînée de Hervé IV de Donzy. Elle fut d’ailleurs la seule héritière puisque Guillaume né en 1207 mourut à quelques mois seulement.
Le 8 septembre 1217, elle épousa Philippe de France, fils du futur roi de France Louis VIII le Lion. Philippe est mort l’année suivante.
En 1221, Agnès se remaria donc avec Guy III de Châtillon.
Elle en eut deux enfants. En avril 1221 naquit Yolande de Châtillon. En 1225, Agnès mourut en donnant la vie à Gaucher de Châtillon.
Guy de Châtillon, son époux, avait pris part à la seconde croisade contre les Albigeois. Il est mort en août 1226 pendant le siège d’Avignon. Un coup de pierre l’a tué sous les yeux du roi, Louis VIII le Lion.

·          Yolande de Châtillon (1221-1254)

Yolande hérita du Perche-Gouët en 1226. Elle et son frère n’était encore que des enfants. C’est leur grand-mère, Mahaut de Courtenay, la femme de Hervé IV de Donzy, qui les éleva et qui administra leurs biens, avec son époux, Guy IV de Forez.
En 1234, ils marièrent Yolande au neveu de Guy de Forez, Archambaud IX de Dampierre, héritier de Bourbon. Celui-ci reçut en dot les baronnies du Perche-Gouët.
De cette union sont nées deux filles : Mahaut en 1234 et Agnès en 1237. Les deux filles ont plus tard épousé les deux fils du Duc de Bourgogne, Eudes et Jean.
En 1248, le roi Saint-Louis passait à Vézelay, le domaine bourguignon de la famille de Donzy. Il partait pour la septième croisade. Archambaud, Yolande et Gaucher le suivirent pour la Terre-Sainte et embarquèrent à Aigues-Mortes. Archambaud mourut pendant le voyage. Il succomba à une épidémie à Nicosie (Chypre) le 15 janvier 1249. Yolande abandonna la quête de décida de ramener le corps de son époux en France. Gaucher de Châtillon qui avait continué la quête perdit lui aussi la vie, en 1250 à Damiette alors qu’il défendait son roi.
Yolande mourut en 1254 et laissa le Perche-Gouët à sa fille Mahaut.

·          Mahaut II de Dampierre (1234-1262)

Mahaut est née en 1234. En 1248, elle épousa Eudes, fils du Duc de Bourgogne. Comme l'avait fait sa mère auparavant, Mahaut suivit son époux au croisades. Mahaut mourut en Terre Sainte, à Saint-Jean-d'Acre, en 1262. Le 4 août 1266, Eudes la rejoignit dans la tombe. A la mort de Mahaut, les fiefs furent divisés entre ses trois filles. L'aînée Yolande, est faite comtesse de Nevers. La cadette, Marguerite hérite du titre de comtesse de Tonnerre et parmi de nombreux autres fiefs, du Perche-Gouët. Et enfin Alix devient comtesse d'Auxerre.

·          Marguerite de Bourgogne (1250-1308)

Marguerite naquît en 1250. Elle épousa en 1268 Charles, comte du Maine, d'Anjou et de Provence, frère du roi Saint-Louis et fils de Louis VIII le Lion.
Charles mena une conquête sans merci avec l'appui de la papauté. Il fit assassiner le prétendant au royaume de Sicile afin de s'en emparer. Il devint donc le roi Charles Ier. Afin d'accroître le rôle central de la Sicile en Méditerranée, il prit le contrôle de l'Albanie puis mis la main sur le royaume de Jérusalem. Marguerite jouissait elle aussi de tout ce prestige et partit s'installer à la cour de Naples où elle jouissait d'une très grande renommée.
L'aventure de Charles d'Anjou aurait pu encore se prolonger, mais la révolte des Vêpres Siciliennes mit fin a son épopée. Le 30 mars 1282, lundi de Pâques, à l'heure des vêpres, une révolte éclata à Palerme. Les siciliens s'en prirent aux français implantés sur l'île par Charles Ier. Huit mille soldats français furent massacrés, et en deux jours Charles fut chassé de l'île. C'est alors que s'opéra la scission du royaume : la Sicile insulaire avec pour capitale Palerme d'une part, et la Sicile péninsulaire avec pour capitale Naples, d'autre part. Les héritiers d'Anjou se succédèrent à la tête de ce royaume, jusqu'en 1442. Le  roi René fut évincé par le roi aragonais de Sicile, lequel réunit les deux parties ancestrales et créa le royaume des Deux-Siciles. René repris la route de l'Anjou. C'était la fin de la domination angevine en Italie.
Charles Ier est mort à Foggia (Italie) en 1285. Marguerite se retira alors à Tonnerre, en Bourgogne. Elle emmena dans son château deux de ses parents d'aussi grande influence qu'elle. Il s'agissait de Marguerite de Beaumont, princesse d'Antioche et comtesse de Tripoli, et Catherine de Courtenay, impératrice titulaire de Constantinople. Les trois femmes retirées vivaient ensemble et s'illustraient par leur piété et leur générosité.
Marguerite mourut le 4 septembre 1308 dans son château. Dans son testament, elle déclarait céder les cinq baronnies à son neveu.

·          Robert de Cassel (1278-1331)

 

 

 

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Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 22:54

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Le camp de Voves

(entrée administrative, source AD28)

 

 

Dans l'océan de blés de la beauce chartraine, il est un lieu dont les panneaux à l'entrée de la ville indiquent : "Voves Cité des Patriotes" . La raison en est que cette ville à eu sur son sol un camp d'internement administratif .

 

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André Thibault, chez lui dans l'Indre et Loir

 

Le Décret du 12 novembre 1938, permet d'interner les étrangers indésirables dans des centres spécialisés. Jusqu'en 1946 plusieurs centaines de milliers de femmes et d'hommes ont étés ainsi internés et celui de Voves ne faisait pas exception à la règle.

 

 Le décret du 18 novembre 1939, permettait l'internement administratif des communistes, sur simples suspitions d'atteinte à la sureté de l'état. L'instauration de l'état français 10 juillet 1940, communistes, politiques, étrangers et juifs, seront les victimes désignés d'une grande répression.

 

Dès 1918, trois hangars destinés à l'aviation sont construits et du 1er novembre 1939   jusqu'au 13 juin 1940, des soldats du Génie furent détachés pour construire un camp militaire et des soldats de la D.C.A. furent cantonnés à Voves, mais le camp militaire ne put jamais être terminé. Après la défaite de l'armée française, en juin 1940, les autorités d'occupation y installèrent pendant quelques mois un camp de prisonniers de guerre qui reçut au plus fort de son occupation 3500 personnes. Dès les 20 et 21 juin les prisonniers de guerre arrivèrent par petits groupes ou par vagues de mille cinq cents à deux mille hommes. Il y eut pour les abriter jusqu'à cinq camps différents (à l'usineet dans le camp proprement dit pour les Français, à l'école libre et à l'école de garçons pour les officiers, aux abattoirs pour les Africains, à la caserne de gendarmerie pour les Alsaciens-Lorrains).

 

A compter du 15 août 1940 beaucoup de prisonniers furent regroupés à Châteaudun et le camp se vida progressivement jusqu'à la date du 25 décembre 1940 où ceux qui restaient encore furent emmenés en Allemagne. Après être resté inutilisé pendant les deux mois d'hiver, le camp fut à nouveau occupé par une cinquantaine de Nord-Africains.

 

A la fin de 1941, 30 internés du camp d'Aincourt (Seine-et-Oise) furent dépêchés pour aménager le ''Centre de séjour surveillé de Voves''. Ce camp reçut les premiers internés le 5 janvier 1942.

 

 

 

A. Migdal

 

André Migdal, le jour de l'inauguration dla  plaque-souvenir

en hommage à  son camarade : André Thibault

 

Le camp de Voves avant 1942

En septembre 1939, la commune de Voves en Eure-et-Loir compte 2017 habitants. C’est un chef-lieu de canton situé à 23 km au sud de Chartres. Le réseau de communication y est dense. Outre les liaisons des chemins de fer Paris-Tours par Vendôme, Orléans-Rouen, par Chartres, Voves-Toury, il existe des dessertes routières et une liaison autobus Voves-Toury. Tout cela facilite la circulation des voyageurs et des marchandises dans la région et vers Paris.
Il est fait mention dans des registres de présence de proxénètes et de droits communs dans le camp, il faut savoir qu'à plusieurs reprises ces deux groupes tentèrent de prendre de l'ascendance sur les politiques mais n'y arrivèrent jamais. Il est évident que cela aurait  arrangés les autorités du camp.

 A partir du 19 juin, les prisonniers français arrivent et sont parqués dans les installations existantes. Le lieu s’appellera désormais « le camp ». Il sera :

  Fronstalag n° 202 en 1940 et 1941 ;
 Centre de séjour surveillé n° 15 de 1942 à 1944.
 Dépôt de prisonniers de guerre de l’axe n°502 de 1944 à 1947. 

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Par la suite, les départs vers l’Allemagne s’échelonnent sur plusieurs mois. L’abbé PORTAL, curé de la paroisse fait état du passage de 10.000 hommes entre juin et décembre 1940.
Le 15 mars 1941, un contingent de prisonniers nord-africains arrive. Toujours d’après l’abbé PORTAL, ces hommes, au nombre de 3000, sont évacués dans la deuxième quinzaine de juin pour une destination inconnue.

Pendant six mois, le camp reste sans occupant. ''Ils ont été au total 10 000 prisonniers''

L’ouverture du camp de Voves

Le 14 novembre 1941, Pierre LE BAUBE est nommé préfet d’Eure-et-Loir. Le 30 décembre 1941, il écrit au préfet régional : « Je vous signale que pour le camp de prisonniers de Voves, actuellement sous autorité allemande, j’envisage sa transformation en centre d’internement administratif. Le projet est actuellement à l’examen du Ministre ». Le directeur du camp d’Aincourt est d’ailleurs sur place pour modifier les installations dès le 20 décembre 1941. Le camp de Voves ouvre ses portes le 5 janvier 1942 et devient alors « Centre de séjour surveillé ». Doté d’une imposante clôture de barbelés, d’un dispositif de guérites, de miradors, de projecteurs, de fusils-mitrailleurs, le camp est placé sous administration française.
Les directeurs du camp sont bien souvent d’anciens militaires secondés d’inspecteurs de police, aidés de gardes civils et disposant d’une administration civile. Un important détachement de gendarmerie assure la garde. Le tout est supervisé par le préfet, représentant du gouvernement de Vichy, et les autorités d’occupation.

Le camp de séjour surveillé est un camp de concentration parmi d’autres ; c’est un réservoir d’otages où les internés peuvent être :
sortis et dirigés vers les lieux d’exécution
transférés, le plus souvent vers Compiègne, pour être déportés en Allemagne.
Les travaux de réaménagement du camp sont confiés aux premiers internés qui arrivent d’Aincourt (proche de Mantes la Ville) ; Le chef de chantier est choisi parmi eux. Le camp de Voves n’est conçu que pour recevoir des hommes. Les motifs d’internement sont variables : activité politique illégale, activité résistante, situation d’indésirable (c’est-à-dire souvent « étranger ») et droit commun. Un groupe marque pourtant la vie du camp en imposant son organisation : celui des internés militants communistes. Cette prédominance se retrouve à tous les niveaux : activité clandestine, défense des conditions de vie, création d’une université.... L’arrivée de détenus en provenance de Châteaubriant renforce cette organisation clandestine ; le souvenir des martyrs du 22 octobre 1941 reste dans les mémoires.
De janvier 1942 à mai 1944, près de 2040 internés séjournent à Voves pour des périodes plus ou moins longues qui peuvent aller d’une semaine à deux ans. L’effectif maximum d’internés présents au camp est de 976 en octobre 1942.

Les transferts

La plupart des internés passés par Voves ont déjà séjourné dans d’autres camps ou dans des prisons. Ceci s’explique par les grandes vagues d’arrestation survenues en 1940 et 1941 alors que Voves n’ouvre ses portes qu’en 1942. L’histoire du camp est rythmée par les départs et arrivées d’internés.

Les principales arrivées : 

le 05.01.1942, 31 internés du camp d'Aincourt (Seine et Oise)
  le 16 avril 1942 : 60 internés en provenance du dépôt de la Préfecture de Police de Paris
  les 23 et 26 avril 1942 : 153 internés en provenance d’Aincourt (Val d’Oise)
  le 4 mai 1942 : 58 internés en provenance de Gaillon (Eure)
  le 5 mai 1942 : 149 internés en provenance d’Aincourt (Val d’Oise)
  le 7 mai 1942 : 424 internés en provenance de Châteaubriant (Loire-Atlantique)
  le 5 juin 1942 : 34 internés en provenance du dépôt et 9 en provenance des Tourelles (Paris)
  le 4 septembre 1942 : 20 internés en provenance de Vaudeurs (Yonne)
  le 9 septembre 1942 : 83 internés en provenance d’Aincourt (Val d’Oise)
  le 31 octobre 1942 : 20 internés en provenance de Rouillé (Vienne)
  le 14 janvier 1943 : 70 internés en provenance des Tourelles (Paris)
  le 16 juillet 1943 : 20 internés en provenance de Rennes (Ille-et-Vilaine)
  le 19 novembre 1943 : 116 internés en provenance de Pithiviers (Loiret)
  le 22 novembre 1943 : 115 internés en provenance d’Ecrouves (Meurthe et Moselle)
  le 30 décembre 1943 : 41 internés en provenance de Laleu (Charente-Maritime)
  le 12 avril 1944 : 11 internés en provenance de Rouillé (Vienne)

 

Les principaux départs :

 les 10 et 20 mai 1942 : 109 internés à destination de Compiègne-Royalieu (Oise) - 93 font partie du convoi dit des « 45 000 » du 6 juillet 1942 dirigé sur Auschwitz-Birkenau le 6 juillet 1942. On compte 6 survivants en 1945 -.
le 6 octobre 1942 : 20 internés à destination de La Rochelle (Charente-Maritime)
le 20 octobre 1942 : 7 internés à destination de Drancy (Seine-Saint-Denis)
le 31 octobre 1942 : 20 internés à destination de Rouillé (Vienne)
le 12 octobre 1943 : 42 internés à destination de Romainville (Seine-Saint-Denis)
le 18 novembre 1943 : 711 internés à destination de Pithiviers (Loiret)
le 9 mai 1944 : 407 internés à destination de Compiègne (Oise) - la plupart sont dirigés sur Neuengamme via Buchenwald le 21 mai 1944 -

Les évasions

Entre le 11 juin 1942 et le 6 mai 1944, 20 évasions ont lieu, permettant à 82 évadés de recouvrer la liberté. Ainsi, en janvier 1943, 10 hommes, déguisés en gendarmes réussissent la belle. L’un d’eux, René SENTUC, victime d’une sciatique aiguë, est repris le lendemain... Il s’évade de nouveau en mai 1944.
Le 19 février 1944 commencent les travaux d’un tunnel de 148 mètres au départ de la baraque des douches. Les travaux bénéficient notamment de la compétence de mineurs du Nord et permettent l’évasion de 42 détenus dans la nuit du 5 au 6 mai 1944. 

La liquidation du camp

Dans la crainte d’un débarquement allié sur le front de l’ouest, les autorités d’occupation préparent les transferts des prisonniers et des internés vers l’Allemagne : on vide les prisons et les camps. Le 9 mai 1944, un détachement allemand arrive de Chartres et procède à la liquidation du camp. Les SS font embarquer les 407 internés encore présents dans des wagons à bestiaux. Le convoi est dirigé vers Compiègne. De là, le 21 mai 1944, les « Vovéens » intègrent un transport d’un millier d’hommes qui prend la direction de Neuengamme via Buchenwald. Enregistrés dans la série des matricules 30.000 à 32.000, ils sont affectés pour la plupart au kommando de Bremen-Farge, et participent à la construction du bunker de la base « Valentin », surnommé le « tombeau des Français ». Les deux tiers des déportés issus de Voves périssent, pour certains dans le naufrage des bateaux de la baie de Lübeck le 3 mai 1945.

Sources :
puce.gif  Archives Départementales d’Eure-et-Loir
puce.gif  Archives du Comité du Souvenir du Camp de Voves
puce.gif  André MIGDAL, Les plages de Sable Rouge, NM7 Editions, 2001
puce.gif  André MIGDAL, Chronique de la base, Editions Auteurs du Monde, 2006
puce.gif  Etienne EGRET, Ami entends-tu ? Histoire d’un camp de concentration en terre de Beauce, Comité du Souvenir du Camp de Voves, 2001

Longtemps ignoré du grand public, les camps d'internement sous administration française durant la Seconde Guerre Mondiale apparaissent au grand jour depuis quelques années.

 

 

 

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Le CENTREDE SEJOUR SURVEILLE DE VOVES figure en annexe à la circulaire n° 127 Pol. Cab. du 31 janvier 1942 du Ministère de l'Intérieur comme étant en voie d'installation.

 

De 1939 à 1946, la France a interné 600.000 personnes (Espagnols, réfugiés allemands et autrichiens, juifs, communistes, tziganes, etc.) dans un nombre de camps très important et dont certains sont encore peu ou pas connus.

Il n'existe, pour beaucoup de camps, aucune trace de correspondance émanant des internés. Certains autres ont même totalement disparu de la mémoire. 

André Thibault, d'une gentillesse de grand-père, champion d'Eure et Loir de lutte gréco-romaine, dégagé des obligations militaires il s'engagea dans la résistance. Sa famille est native d'Illiers et d'Authon du Perche, il est possible qu'il y ait un lien de famille avec l'instituteur de Miermaigne et de La Bazoche qui écrivit dans la société Dunoise, il y fort longtemps.

Quant à son épouse, originaire de Nogent-le-Rotrou de son nom de jeune fille : Elizabeth Pinceloup de la Moricière et Jeannine Migdal, l'épouse d'André Migdal, furent toutes les deux exemplaires de patience car elles ont accompagnées sans faiblesses leurs héros de maris, toujours sur ces chemins de mémoires, afin que les générations futures n'oublient-pas.

 

André Migdal, est né à Paris, originaire de Pologne, il entra dans la résistance à 16 ans, sixième d'une famille de onze enfants, une partie de sa famille fût déportée en allemagne.

 

Je me souviens  de cette visite dans un groupe scolaire de Voves, oû répondant aux questions des élèves sans hésitations, sauf quelques petits temps morts, le temps d'adapter la réponse...   Avez-vous manger de la chair humaine ?, réponse : une cigarette pour une cuisse ! ce fut tout. 

 

André Migdal, faisait beaucoup de conférences en France mais aussi en Allemagne et il avait encore pleins de projets, son départ  laisse un vide, car ces acteurs des temps héroiques s'en vont les uns après les autres.

 

 Jean-Claude Vincent

 

Contact : campdevoves@aol.com

 

 

P.S. Chaque année au mois de mai, une commémoration à lieu sur l'emplacement du camp, avec les différentes organisations patriotiques, les élus et les personnalités de la région

 

 

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Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 22:16

Vestiges de Penhoe t jpg 

 

 

Vestiges du Château de Penhoët

 

      de Penhoët : D'or à la fasce de gueules.

 

La seigneurie de Penhoët


Saint-Thégonnec est issu du démembrement de la paroisse primitive dePloeber (Pleyber ou Ploe-Iber). L'ancienne Ploe-Iber fut scindée en deux : la partie orientale (aujourd'hui Pleyber-Christ) échut à uncertain Rivaut et la partie occidentale (aujourd'hui Saint-Thégonnec) échut à un certain Rival ou Rivual.
Au VIème siècle, la paroisse de Ploe-Iber, regroupait les communes actuelles de Saint-Thégonnec, Saint-Martin des Champs, Sainte-Sève,Pleyber-Christ et la partie ouest de Morlaix.

Un démembrement de Ploe-Iber a eu lieu en 1128 (Sainte-Sève et Saint-Martin-des-Champs)et en 1180.

Au Moyen Age, la partie Nord de Saint-Thégonnec dépendait des seigneurs de Penhoat et la partie sud dépendait des Vicomtes de Léon.

La motte à basse-cour, un des nombreux châteaux de terre , de bois et de pierre qui précédèrent, aux XI et XII° siècles, le château de pierre.
 

En 1915 Louis Le Guennec ne distinguait plus de la plate forme de la motte, qu'une petite excavation, mais pas de trace d'édifice. (Extrait du tome CXXIX, année 2000 SAF)
 

La France de cette époque est gouverné par Louis IX (St-Louis), mais la Bretagne est encore indépendante. La première mention de la famille de Penhoët est assez tardive (relatif) , puisque elle  remonte à 1235 pour ce qui est du Château de Penhoët. Cependant le lignage émerge au cours  de la guerre de succession de la Bretagne de1341-1364.

Nous sommes aux alentours du X° et XI° siècles et sur la paroisse de Saint-Thégonnec, une puissante famille s'installe sur un promontoire au confluent de deux rivières : le Coat Toulzac'h et la Penzé. Cette famille déplace son Castel vers un Château-Fort sur la pointe de ce promontoire, afin de mieux assurer sa sécurité. Les Wikings remontent jusqu'au port de Penzé, peut-être plus loin ?. Le premier personnage qui nous apparais dans l'histoire est un certain Hamon de Penhoët, il est mentionné dans un accord avec les moines du Relecq en 1235 en Plounéour-Menez.

Son épouse se nommerait : Julienne de Montrelais,et le mariage se situerait vers 1160. Le fils né de cette union se nome Guillaume de Penhoët et sa date de naissance aux environs de 1190, il serait décédé après 1235. Ce Guillaume de Penhoët que nous désignerons Guillaume I,est chevalier et seigneur de Penhoët, son épouse se nome Mahotte de Kergounadec'h. Guillaume de Penhoët, est créé banneret par le duc de Bretagne  (Lobineau II, coll. 1149)

Quand Guillaume de Penhoët, chevalier et fils de Hamon de Penhoët passa un accord avec les moines de l'abbaye du Relecq, il leurs accorda le droit de libre acquisition en ses biens féodaux et confirma leurs possessions. Il aurait participer à la croisade de 1248 aux cotés de Pierre Mauclerc mais là rien n'est moins sur. Les historiens ne possèdent aucune information sur Hamon de Penhoët dans la descendance des Vicomtes de Léon.

La famille de Penhoat, issue en ramage des anciens chefs ou comtes du Léon, a d'abord résidé dans un camp retranché (Castel-Douar) qu'on retrouve encore à 800 mètres au sud des ruines de son château, enfin pour ceux qui ont des yeux d'experts.

Au XIIIème siècle, les sires de Penhoat construisirent un château-fort, qui devint le siège de leur baronnie et fief, avec haute, basse et moyenne justice, patibulaires à quatre poteaux, et mouvance sur presque tout le haut Léon. La paroisse de Saint-Thégonne dépendait autrefois du diocèse de Léon.
 

Guillaume et Mahotte ont un fils : Hervé, lui aussi seigneur de Penhoët et chevalier. Sa naissance nous est donné en 1225, ainsi que sa mort en 1263.
Hérvé I de Penhoët (✝ après 1263) épouse Jeanne (Marie) de Kernavan (1230 ✝ 23 juillet 1282),
le chevalier Hervé de Penhoët apparaît dans 2 actes des vicomtes de Léon relatifs à la garde du château de Coatmeur en Landivisiau en 1260 et 1263 désigné comme garant par Sylvestre de Coatmeur lors du premier accord et apposa son sceau en bas de cette convention" B.Yeurc'h (KERNEVEZ & TRAVEL, 2000)


Hervé de Penhoët, chevalier, témoin en 01/1261 pour un accord entre Hervé III de Léon et Sylvestre de Coëtmeur
,Hervé de Penhoët, chevalier, témoin en 1263 d'un accord entre Hervé III de Léon et Nuz, fils  de Sen"B.Yeurc'h(KERNEVEZ&MORVAN,2002) "figure avec la qualité de chevalier dans un acte de 1263" B.Yeurc'h (Couffon du Kerdelech, t. II, p. 107) "sire de Penhoet" B.Yeurc'h (ANSELME, 1733)
 

De cette union, naquit Hervé II de Penhoët (1225 ✝ 1328) marié avant le 23 juillet 1282, il est dit seigneur de Penhoët et il est cité comme chevalier dans un acte de 1263 Kouffon de Kerdelech II, page107).Son épouse est Ame du Chatel, Dame de Bruillac (1255 ✝ 1321), ils ont trois enfants : Guillaume II de Penhoët (1275 ✝1328, Anne (né en1290), Marguerite (né en 1295).

Jean III de Bretagne, fidèle vassal de la France, n'avait pas de fils.A sa mort, le 30 avril 1341, la succession se trouva disputée entre sa nièce,Jeanne de Penthièvre la Boiteuse, épouse de Charles de Blois, et son demi-frère Jean de Montfort. Ce dernier s'empara du fief sans demander l'investiture au roi de France (dont il soupçonnait la partialité pour Charles de Blois), ainsi que du trésor gardé à Limoges.
 

La famille de Penhoat, a d'abord résidé dans un camp retranché (Castel-Douar). Sa destruction remonte à 1971, en dépit d'une instance de mise en classement du site. (Yves Corre le meunier de l'ancien moulin seigneurial, explique que le propriétaire à cette époque était en affaire pour vendre sa propriété, ceci expliquant peut-être cela).

Ce retranchement s'appelait Castel Douar (le château de terre) maisaussi Tossen ar Baroun ( la butte du Baron). Une seconde motte se dressait à Kerfeulz, à deux kilomètres au sud de Castel Douar,peut-être appartenait-elle a un vassal de Penhoët ?.Le château de Penhoët était le centre d'un fief qui s'étendait dans de nombreuses paroisses et trèves du Léon mais aussi au delà.

Cette seigneurie fut progressivement agrandie par mariage, et de plus elle procurait d'importants revenus. Au XV°siècle, ils étaient parmi les plus riches des seigneurs léonards et leur richesse n'était pas uniquement foncière, car des membres du lignage étaient au service du Duc. La tour de garde, contenait quelques soldats pour la défense du château. A cette époque, il y avait peu de soldat, la défense était assuré par les paysans, quand ils venaient se mettre à l'abri, lors des attaques.

Il est question, dans l'histoire de ce château, d'une reconstruction au retour de croisade en 1248, mais les archéologues qui ont pu étudier les ruines de Penhoët n'ont rien retrouver pour l'instant d'antérieur à cette date. De plus le château n'est mentionné dans aucune chroniques relatives à la guerre de succession de Bretagne entre 1341 et 1364.
L'état de ruines date de plusieurs siècles car, depuis la guerre de la ligue, il n'a pas été reconstruit, mais à servi de carrière de pierre pour les maisons d'alentour, ce qui arrive très souvent quand les ruines sont à l'abandon pendant trop longtemps .

Une tradition qui paraît être relativement tardive et qui s'inscrit dans le cadre de l'élaboration d'une idéologie nobiliaire à l'usage d'un véritable « clan » léonard, connu par un dicton rimé en breton qui célébrait l'ancienneté des Penhoët, la vaillance des Du Chastel,la richesse des Kermavan et l'esprit chevaleresque des Kergournadec'h des origines, dans les limbes de l'histoire.
Plusieurs auteurs, font de Penhoët une juveignerie de Léon,c'est-à-dire une seigneurie remise en partage à un puîné de la famille de Léon qui, au XIIè siècle détenait tout le comté de ce nom depuis Morlaix, jusqu'à Saint-Mathieu.

A cette époque Guillaume de Penhoët s'illustrait dans la défense de Rennes pour le compte de Charles de Blois, les anglais qui soutenaient la cause des Montfort, occupaient toute une partie du Bas-Léon,notamment la ville de Brest qui leur avait été remise par Jean de Montforts en 1342. Lesneven et Morlaix restèrent aux mains des troupes de Charles de Blois, durant de nombreuses années, mais furent aussi tenues par les anglos-bretons.

L'excellent livret de Patrick Kernévez et Guy Travel nous indiquent que la puissante famille du Léon atteignit son apogée au milieu du XII° siècle contrôlant outre le Léon, de nombreuses terres en Cornouaille. Ils nous apprennent aussi que cette famille du Léon organisa de nombreuses révoltes contre les souverains Plantagenêts (Princes anglais d'origine Française) dans les années 1167-1179 et de ce fait Guyomarch de Léon fut châtié par ces derniers qui lui enlevèrent Morlaix en 1180 et partagèrent son héritage entre ses deux fils. L'aîné reçut les châtellenies de Lesneven et de Saint-Renan,tandis que le cadet recevait celles de Landernau et de Daoudour (Landivisiau), Penhoat relevait de cette dernière.

Quand à l'origine de cette famille, les armoiries pourraient suggérer quelques pistes. Les seigneurs de Penhoët avaient pour armes "d'or à une fasce de gueules". On retrouve notamment ce blason dans l'armorial du héraut Navarre compilé dans les années 1370. Guy le Borgne indique au XVIIè siècle " Penchoët portoit d'or à une fasce de gueulle" elle est réputée pour l'une des plus anciennes maisons du païs qui tire son origine des anciens Vicomtes et Barons de Léon...

En 1705, le frère Pinson écrit à leur sujet : ce sont les anciennes armes des anciens sires de Penhoët en Taulé qu'on dit être les anciennes armes des Comtes et Vicomtes de Léon sans preuves certaines.

 

 

17070461.jpg

 

Branche aînée  (Teneur des fiefs)


de Penhoët, paroisse de Saint-Thégonnec, évêché de Léon, en qualité de seigneur
 de Coëtvoult, paroisse de Saint-Thégonnec, évêché de Léon, en qualité de seigneur
 de Tronglézon, paroisse de Plouénan,évêché de Léon, en qualité de seigneur
 de Kerguizien, paroisse de Plouénan, évêché de Léon, en qualité de seigneur
 de Kerassel,paroisse de Taulé, évêché de Léon, en qualité de seigneur
de Kergoallon, paroisse de Plouégat, évêché de Tréguier, en qualité de seigneur, par mariage, en 1343, de Marguerite Charuel et de Jean de Penhoët
 du Ménez-Charuel, paroisse de Guerlesquin, en qualité de seigneur, par mariage, en 1343, de Marguerite Charuel et de Jean de Penhoët
 de La Marche, paroisse de Bédée, évêché de Saint-Malo, en qualité de seigneur, par mariage,en 1381, de Jeanne d'Albret et de Guillaume de Penhoët
 de La Boëssière, paroisse de Carentoir,évêché de Vannes, en qualité de seigneur, par mariage, en 1381,de Jeanne d'Albret et de Guillaume de Penhoët
 de Fronsac, hors Bretagne (Guyenne) , en qualité de vicomte, par mariage, en 1381, de Jeanne d'Albret et de Guillaume de Penhoët
 de La Motte(-Glain), paroisse de La Chapelle-Glain, en qualité de seigneur, par mariage, en 1418, de Marguerite de Rougé et de Jean de Penhoët
 du Tourboureau, paroisse de La Chapelle-Hullin, en qualité de seigneur
 de Maupiron, paroisse de Moisdon, en qualité de seigneur
 de Kerautret, paroisse de Plougoulm,évêché de Léon, en qualité de seigneur

Hamon, mentionné dans un accord avec les moines du Relec en 1235 ;Guillaume, contribue au denier de la Croix en 1270 ; Hervé, épouse en 1282 Anne du Chastel ; Guillaume, dit le boiteux, capitaine de Rennes,défendit cette ville contre le duc de Lancastre en 1356 et épousa Jeanne, vicomtesse de Fronsac, dont : Jean, amiral de Bretagne, qui remporta sur les Anglais la victoire navale de Saint-mathieu, en 1404 et épousa: 1° Marguerite Charuel ; 2° Jeanne du Perrier ; 3°Marguerite de Malestroit ; Olivier, chevalier du Porc-épic en 1448.

Le fief de Penhoët, paroisse de Saint-Thégonnec, évêché de Léon, en qualité de seigneur, fut tenu chronologiquement par les :
Penhoët Rohan de la branche cadette de Gié, par mariage, en 1476, de Françoise de Penhoët et de Pierre de Rohan
Rosmadec, par acquêt, à la fin du XVI, au profit de Sébastien de Rosmadec Kerhoënt, par acquêt
Le Vicomte, par héritage, à cause du mariage de Julienne de Kerhoënt et d'Yves Charles Kerouartz, de la branche cadette de Lezarazien, par acquêt, en 1752, au profit de Jacques-Joseph de Kerouartz

 

 

 

Jacqueline de Rohan par Clouet  Jacqueline de Rohan, par Clouet (Wikipédia)

 

Armes_rothelin.jpg  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle est la petite-fille, par voie masculine, de Pierre de Rohan, vicomte de Fronsac, et de Françoise de Penhoet. Par voie féminine, elle est la petite fille de Bernard de Saint-Séverin, prince de Bisignan, et de Jeanne Eléonore Piccolomini. Elle descend également du roi Alphonse V d'Aragon et de sa maîtresse Giraldona Carlino  

 

 

Réformations et montres de 1427 à 1543, paroisse de Saint-Thégonnec,

 

Plouénan et Taulé, évêché de Léon Plouégat et Ploubezre, évêché deTréguier ; Carentoir, évêché de Vannes et Bédée évêché de Saint-Malo Branche cadette du Guérand : Teneur des fiefs :du Guérand, paroisse de Plouégat, évêché de Tréguier, en qualité de seigneur

Branche cadette de Kergoallon : Teneur des fiefs :

de Kergoallon, paroisse de Plouégat, évêché de Tréguier, en qualité de seigneur
Branche cadette de Kerimel et Coëtfrec : Teneur des fiefs
de Coëtfrec, paroisse de Ploubezre, évêché de Tréguier, en qualité de seigneur, par mariage, de Jeanne de Kerimel et d'Alain de Penhoët
de Kerimel, paroisse de Kermaria-Sulard, en qualité de seigneur, par mariage, de Jeanne de Kerimel et d'Alain de Penhoët
de Coëtgouréden,paroisse de Pestivien, en qualité de seigneur, par mariage, de Jeanne de Kerimel et d'Alain de Penhoët de Kersauzon de Pennendreff Pred eo, pred (Il est temps, il sera temps)


Ancienne extraction, chevalerie, réformation de 1669, neuf générations. Réformations et montres de 1427 à 1562 paroisses de Guiclan, Saint-Thégonnec, Plounéour-Ménez, Plouénan, Plouescat et Saint-Frégant (évêché de Léon), Trégrom (évêché de Tréguier), Plonéis et Dinéault (évêché de Cornouailles).Sr. de Kersauzon (paroisse de Guiclan) ; Sr. de Penandreff (paroisse de Plourin) ; sr. de Brézal (paroisse de Plounéventer) ; sr. De Kerjean (paroisse de Trébabu) et d'autres lieux...De gueules au fermail d'argent.

Robert, croisé en 1248 ; Guillaume, évêque de Léon en 1306 reconstruisit une partie de sa cathédrale, où il fut inhumé en 1327

La branche de Pennendreff a pour auteur : Guillaume, sr. de Penhoët, vivant en 1440, père de Guénolé,archer dans une montre de 1481, marié à Catherine de Saint-Goueznou.

    

 

      

 

 

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Ce résumé est tiré du livret de Patrick KERNEVEZ et Guy TRAVEL, Société Archéologique du Finistère

Les Seigneurs de Penhoët en Saint-Thégonnec Année 2000

 

 

Mur-central-du-chateau.JPG 

 

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Lundi 23 août 2010 1 23 /08 /Août /2010 17:12

La Herbaudière

 Pierre Joulet de Chatillon

Seigneur de La Herbaudière (Charbonnières)

 

François Joulet (Frère de Pierre)

Fondateur des Incurables de Paris (Laennec)

 

Jouillet1.JPG

 

 

 

Château et Ferme, ayant appartenu à Pierre Joulet de Chatillon et a son frère François de Chatillon, fondateur de l'Hopital des incurables de Paris

 

Il y à des rumeurs qui durent longtemps voire qui traversent les siècles, surtout quand rien ne vient infirmer ou confirmer leurs existences et c'est vrai que cette dernière est assez croustillante. Pensez-donc la Herbaudière aurait abriter les amours débutantes de Gabrielle d'Estrées et du roi Henri IV.

 

Mais l'histoire de ce manoir bien que plus tranquille, n'en demeure pas moins très intéressante et c'est l'objet de cet article .

 

Aujourd'hui une ferme, elle appartient a ses anciens métayers et fut pendant plusieurs siècles la propriété des seigneurs de Charbonnières.

 

Démoli en 1840 par le comte Auguste de Chamoy, qui à la même époque restaurait le Château de Charbonnières, une des plus belles et des plus riches demeure de la contrée.De cette époque il ne reste plus que les fondations et l'étang, car les pierres ont servis à construire le château de la Goguerie tout proche.

(Dictionnaire géographique des communes et des hameaux d'Eure-et-Loir de M.Lefèvre)

 

Aucun plan ou dessin n'est connu à ce jour, sauf qu'un vitrail dans la salle de réception du château de Charbonnières pourrait bien être une reproduction de ce dernier.

 

Il fut le siège d'une seigneurie et le lieux principal de cette dernière pour la première fois en 1494 dans un bail du 7 août, relatif à un moulin dépendant de son domaine.Et puis plus tard en 1542, le 13 novembre, Guillaume du Bellay, seigneur de Langey fit son testament elle était la propriété de Martin du Bellay, gouverneur de Turin, prince ou roi d'Yvetot par son mariage avec Isabeau Chenu.

 

Martin du Bellay, fut après son frère seigneur de Langey, cette seigneurie avait été donner par noble homme Louis de Grandmont, sieur de la Grandhaye pour et contre échange des lieux et seigneurie de Sainte-Radegonde et du Cormier.

 

Les registres paroissiaux de Charbonnières, remontants à l'année 1571, signalent noble homme Etienne du Breuil en 1585 sieur de la Touche et de la Herbaudière, ils ne font plus mention des possesseurs de la seigneurie bien que cette dernière appartint aux familles d'Assé (1656), Leclerc de Lesseville (1690) et en 1784 Rousseau de Chamoy.

 

Il semble que sous Henri IV, les seigneurs de la Herbaudière ne soient pas connus ? Bulletin 228 Tome XVI de la Société Dunoise. Janvier 1933

 

Dans un portefeuille du collectionneur François-Roger de Gaignières, conservé à la Bibliothèque Nationale, il à été retrouvé le dessin de la pierre tombale qui recouvrait les restes de Pierre Joulet escuyer,seigneur de Chatillon et de la Herbodière, conseiller du Roi en ses conseils d'état et privé. mort en 1622 et ceux de son frère François Joulet conseiller et aumonier du Roi qui fut inhumé auprès de lui.Cette pierre tombale était visible dans le petit cloître du couvent des Chartreux de la rue St-Jacques à Paris.

 

Les documents consultés à la suite de cette découverte tant à la BN qu'aux archives de l'AP ont fournis sur ces deux personnages et leur famille de précieux renseignements.

 

Cette famille " étoit originaire de Picardie, ou ses membres consécutivement estoient avec tout leur parentaige, extraite de noble et antienne et illustre maison, vivant noblement nouris paiges, tant dans la maison du roi que dans celle des plus puissants seigneurs de leur province, et firent pour le roi ordinairement service au faict des guerres auxquels la plupart d'icuelx décédèrent spécialement aux guerres qui ont étés audit pays de Picardie contre les Anglois,Flamengs et Bourguignons ou ils firent perte presque de tous leur biens.

(1) Mandement du roi Henri III, daté de Chenonceaux le 13 juin 1577-Archives de l'Assistance Publique à Paris : legs universel de M. de Chatillon. Hotel-Dieu, 1072 (classement de 1823)

 

Thomas Joulet, sieur de Belival en Picardie de Beaurain et de Beaurainel-les Guessard, est le premier de cette famille que nous fait connaître cette étude.

 

Au commencement du xv'' siècle, la compagnie du maréchal d'Esquerdes, lieutenant général dans cette province, comptait parmi ses hommes d'armes Thomas Joulet, seigneur de « Belival en Picardie, Beaurain. et Beaurainel lés Guessard », qui épousa Jacqueline, fille de Jean de « Blaseul », seigneur de

 Buhon et Fontaine-l'Étalon. Fontaine-l'Etalon : Pas-de-Calais, arr. Saint-Pol-sur-Ternoise, cant. Auxy-le-Château. 

Pierre II épousa Claire d'Arques issue de la famille d'Arques en Picardie (arrondissement de St-Omer Pas-de-Calais)

 

 Les guerres dont la Picardie fut le théâtre dans la première moitié du xvi* siècle occasionnèrent la ruine du petit-fils de Thomas : Pierre II, qui avait épousé Claire d'Arqués et fut obligé d'abandonner son pays. 

 

Charles de Bourbon, duc de Vendôme, qui sans doute avait connu Pierre Joulet lorsqu'il était lieutenant général en Picardie, lui confia l'intendance de sa baronnie de Rosny-sur-Seine, cette charge permit à Pierre II de relever sa fortune et d'acheter bientôt la seigneurie de Châtillon. Rosny-sur-Seine : Seine-et-Oise, arr. et cant. de Mantes. — Châtillon, comm. de Rosny-sur-Seine. 

 

Après avoir quelque temps habité ce domaine, Pierre III, fils du précédent, marié à Jeanne Chauderon, vint s'établir à Mantes, et s'y livra au commerce il fut par la suite inscrit sur les rôles de la taille et perdit de la sorte sa qualité de noble . 

Le commerce à l'époque était jugé bas, roturier et entraînant la dérogeance, perte tu titre de noble.

Pierre III mourut avant 1562. Ses fils obtinrent d'être rétablis en tous 

les droits et prérogatives de noblesse par acte daté de Chenonceaux,13 juin 1577. 

Pierre III eut cinq fils et deux filles 

 

1°Antoine, seigneur de Châtillon, conseiller au Châtelet 1556, maître des Requêtes de la reine mère Catherine de Médicis, encore vivant en 1588 marié à Marguerite de Versoris (morte avant le 23 juillet 1601) dont deux fils :

 

 Pierre , seigneur de Châtillon et de la Herbaudière, fut contrôleur du Domaine du Roi à Mantes 1568, puis conseiller du Roi en son Conseil d'État il épousa en premières noces Jeanne Jacquet, veuve de François Le Cirier, conseiller du Roi en son Conseil privé et président des Enquêtes au Parlement, Jeanne Jacquet est citée comme femme de Pierre V le 19 janvier 1602  à cette date, Pierre et sa femme demeuraient rue Galande à Paris et, en secondes noces Marguerite de Refuge; il mourut le 4 décembre 1622 sans laisser de postérité  et fut inhumé dans le petit cloître des Chartreux, à Paris.  Marguerite de Refuge morte en juin 1663 est inhumée aux chartreux de Paris, veuve de Denis Vialart, elle avait une fille Anne morte à Paris le 19 Mai 1680 qui épousa Louis de Goth marquis de Rouillac, devenu en 1661 Duc d'Epernon, sire de Lesparre et pair de France, mort le 19 Mars 1662.

 

François Joulet naquit vers 1550. il fut nommé aumônier ordinaire du Roi; chanoine (mention du 23 juillet 1601), puis doyen d'Évreux et le 3 janvier 1602, prédicateur ordinaire du Roi. le 31 mars 1603, Henri IV approuvait le choix qu'avait fait l'évêque de Coutances, Nicolas de Briroy, de l'abbé Joulet comme coadjuteur avec succession future. 

Par son testament, en date du 11 novembre 1625, François Joulet institua l'Hôtel-Dieu de Paris son légataire universel; sa fortune devait être consacrée à l'établissement d'un hospice spécial pour les maladies incurables. Il mourut le 30 septembre 1627 et fut enterré auprès de son frère aux chartreux de Paris, rue Saint-Jacques. 

 

 Jehan Joulet, qui fut lieutenant général au bailliage de Mantes marié à Maguelonne GILLES qui était veuve en 1595, ils eurent une fille nommé Suzanne et un fils nommé François.

 

Suzanne Joulet épousa épousa Charles d'Escauville  écuyer d'Arthieul

 

François Joulet, seigneur de Châtillon, sieur d'Imbermais et d'Houdinvilliers, mort le 28 ou 29 juillet 1613, sans postérité, inhumé dans la chapelle St-Jacques d'Imbermais, il avait épousé Anne de Grouelle qui se remaria en 1617 avec Louis Damours. Morte en 1625 elle fut inhumée avec son premier mari.

 

 Pierre Joulet, qui fut lieutenant général au bailliage et siège présidial de Dreux

en 1577, vivant encore en 1609, épousa Jacqueline le Vacher, dont trois filles.

 

 Laurent Joulet  seigneur de Bellenat homme d'armes pour le roi dans la compagnie de M.  Vassé, vivanr encore en 1583

 

 Nicolas Joulet, qui fut homme d'armes pour le roi dans la compagnie de M.  Vassé et qui mourut avant le13 juin 1577 

 

Marie Joulet, qui épousa Alexis Le Cousturier mort en 1611, conseiller au bailliage et siège présidial de Mantes. Elle décéda le samedi 30 décembre 1623 a neuf heures du soir. et qui avait eu trois entants : 

 

 Jean Le Cousturier, Consiller général et lieutenant général au bailliage de Mantes en 1627, père de Philippe Le Cousturier avocat au parlement.

 

Fiacre Le Cousturier, avocat du Roi au siège de Mantes

 

Jeanne  Le Cousturier, mariée à Christophe Servant, élu à Mantes (1627)

 

Isabeau  Joulet se maria dans la famille de Jancey et eut deux enfants.

Maguelonne de Jancey épousa Gullaume Chaillou, procureur du roi au baillage de Dreux, elle était veuve en 1627

 

Geneviève de Jancey épousa Charles Dieudonné, procureur à Meulan elle était veuve en 1627, dont une fille qui épousa Jean Deuredat.

 

Après la mort de Pierre Joulet (1575) Antoine l'aîné de ses cinq fils nés de son mariage avec Jeanne Chauderon, porta seul le titre de sieur de Châtillon.

 

Une généalogie du Cabinet des Titres, nous apprend qu'avant cette époque qu'il remplissait dès 1556 les fonctions de Conseiller au Châtelet de Paris.Il épousa Marguerite Versoris d'une notable famille parisienne, fille de Guillaume Versoris Conseiller du Roi au Châtelet de Paris

 seigneur de Bussy-Saint-Martin et de Marie Desjardins. Après 1588 il précéda sa femme dans la tombe, laquelle mourut vers 1601.

 

Deux fils de cette union : Pierre et François qui nous intéressent au premier chef car ils sont les seigneurs de la Herbaudière-les-Autels-St-Eloi en Charbonnières.

 

Dévoué par tradition à la maison de Béthune, François Joulet s'attacha plus particulièrement à Philippe de Bèthune, comte de Charost et frère puîné du Duc de Sully baron de Rosny.

 

Son mérite et sa fidélité lui valurent l'amitié du roi Henry IV, qui l'attacha à sa personne et contribua à l'accroissement de sa fortune. Après la mort d'Henry IV, il s'éloigna de la cour et se retira dans son domaine d'Imbermais qu'il acquit le 23 juillet 1610 et après en être entré en possession le 13 Août 1610 par acte notarié par-devant Thomas le Pescheur, tabellion royal à Dreux et dans lequel il est qualifier d'écuiyer, sieur de Châtillon, Imbermais, Oudainville Hardouin et Minières, commissaire ordinaire de l'artillerie de France et gentilhomme de la reine Marguerite, duchesse de Valois, François rendi foi et hommage à messire Guillaume des Roches, chevalier ,seigneur de Mallestable et de dame Françoise de Manterne son épouse, dame de Ruffin aux environs du Boulay-Thierry.

 

Le 28 juillet 1613 il mourut à Imbermais sans postérité et conformément à ses volontés il fut inhumé dans la chapelle de Saint-Jacques attenante à son domaine

 

Après quatre années de veuvage, Anne de Gravelle se remaria en 1617 avec Louis Damours, conseiller du roi en son Châtelet et qui fut élu échevin de Paris en 1619. Lors du décés de Anne de Gravelle en 1625, c'est auprès de son premier époux qu'elle fut inhumée dans la chapelle d'Imbermais.

 

Pierre VI Joulet

il mourut sans laisser de postérité  et fut inhumé dans le petit cloître des Chartreux, à Paris. 

 

L'abbé Joulet fonda au collège de Navarre 

« une chaire de lecture et controverse contre les hérésies et le schisme » ; 

il fixa le traitement du titulaire à 65o livres. 

 

Pierre IV et Laurent vivaient en 1583. 

 

Jeanne Jacquet est citée comme femme de Pierre V le 19 janvier 1602 ; elle vivait encore le 7 octobre 1604; à cette date, Pierre et sa femme demeuraient rue Galande elle vivait encore le 19 janvier 1644. Elle était fille de Jean de Reffuge, conseiller au Parlement de Paris, et avait épousé d'abord Denis Vialard, seigneur de la Ville. 

 

Entre le 29 décembre 1612, époque où il est qualifié gentilhomme près la personne du Roi, et le 8 janvier 1623. 

 

Saint-Germain une rente de i,ooo livres tournois. Le même jour, don à l'hôpital de la Charité (c'est précisément la donation que rappelle l'inscription) de i,ooo 1. t. de rente, « ladicte donnation faicte pour aider à couscher les mallades diid. hospital iing à ung. » Deux jours plus tard, autre don de 5oo 1. 1. de rente aux Révérends Pères réformés de l'ordre de Saint-Dominique, au faubourg Saint-Honoré. Toutefois, l'abbé Joulet se réservait jusqu'à sa mort la jouissance de ces 2,5oo livres de rentes; il interdisait aux donataires de les jamais aliéner, sous peine de voir l'Hôtel-Dieu de Paris les revendiquer ipso facto comme siennes enfin, une inscription commémorative, en marbre, devait être placée dans l'église de chaque établissement. 

 

C'est aux mêmes conditions que François Joulet donna, le 12 juillet de la même année, à l'Hôtel-Dieu de Paris une rente de 3000L  dont les arrérages devaient être employés « en achat de lit de fer, paint de vert, capable chacun d'iceulx pour coucher un seul malade, afîn que les mallades soient garantis de punaises et, avec le temps, puissent coucher seul à seul. » En cas d'aliénation, la rente ferait retour aux héritiers naturels du donateur . 

 

Par son testament, en date du 11 novembre 1625, François Joulet institua l'Hôtel-Dieu de Paris son légataire universel; sa fortune devait être consacrée à l'établissement d'un hospice spécial pour les maladies incurables. Il mourut le 30 septembre 1627 et fut enterré auprès de son frère. 

Vivait encore le 19 janvier 1644. et, en secondes noces, Marguerite de Reftuge; il mourut sans laisser de postérité  et fut inhumé dans le petit cloître des Chartreux, à Paris. 

 

 

Jouillet

 

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